Le mécanisme d'Anticythère (Un calculateur analogique qui nous vient de l'Antiquité)

Machine précédente   n°6   n°7 dans la liste des machines et instruments les plus connus  n°8  Machine suivante

LA COLLECTION    >    Les instruments de mesure astronomique des anciens Grecs    >   

Le mécanisme d'Anticythère
(Un calculateur analogique qui nous vient de l'Antiquité)


La célèbre machine d'Anticythère est la première machine à calculer de l'histoire. Elle était destinée à déterminer ou à prévoir les événements importants du calendrier astronomique. Ce mécanisme a été retrouvé par hasard par des plongeurs d'éponges en 1901, dans une épave devenue célèbre près de l'île d'Anticythère. On estime qu'elle a été construite vers 120 av. J.-C., vraisemblablement dans un atelier de l'île de Rhodes, à partir de la technique des sphères d'Archimède, des travaux d'Hipparque de Nicée ou de Posidonios de Rhodes.

Elle présentait plusieurs aiguilles, des échelles graduées et au moins trente-cinq roues dentées actionnées par une manivelle. Sur la face avant, on trouvait un disque gradué selon 365 jours, avec la possibilité d'ajouter un jour supplémentaire tous les quatre ans. La face arrière comportait des spirales graduées représentant le calendrier astronomique du cycle de Méton, le cycle de Saros, le cycle callippique, le cycle de l’exeligmos et le cycle des jeux olympiques (olympiades).

En tournant la manivelle, on pouvait choisir une date sur l'échelle des 365 jours. Les aiguilles indiquaient alors toutes les informations astronomiques disponibles (par exemple la position et les phases de la Lune, ou la correspondance entre calendrier solaire et lunaire). Inversement, si l'utilisateur amenait l'aiguille sur un événement astronomique ou calendaire (une éclipse de Lune ou la tenue des jeux olympiques), il voyait la date de cet événement, passée ou future.

Derek de Solla Price et Michael Wright ont été les principaux chercheurs ayant étudié ce mécanisme. La reconstruction proposée ici reflète l'opinion de l'auteur, d’après les nouvelles données établies par l'Equipe Internationale d'Etude du Mécanisme d'Anticythère.

Source: Le "Projet de recherche sur le mécanisme d'Anticythère"

Au centre de la plaque de gauche, on distingue deux anneaux gradués correspondant au calendrier zodiacal des Egyptiens et des Grecs, avec la position du Soleil et de la Lune, et les phases de celle-ci. En actionnant une paire de roues dentées coaxiales et une autre paire engrenantes (munies de 50 dents) et en utilisant un mécanisme particulier de transmission pion-coulisse, on parvenait à simuler la vitesse apparente de la Lune avec ses variations (accélération de l'apogée au périgée, ralentissement ensuite).

Au côté supérieur de la plaque de droite se distingue l'échelle en spirale du cycle de Méton qui se composait de 235 lunaisons (mois lunaires basés sur le calendrier corinthien) et d'une durée totale de 235 x 29,5 / 365 = 19 ans. Au centre de la spirale métonique, on distingue à gauche le cercle de Callippe qui correspondait à une période de quatre cycles métoniques, soit 4 x 19 = 76 ans. Il était utilisé pour faire correspondre l'année lunaire et l'année solaire.

A droite, on distingue le cycle des jeux olympiques. Il était utilisé pour (re)trouver la date de célébration des grands événements sportifs de l'antiquité (les jeux olympiques, les jeux pythiques, isthmiques, de Némée, de Naia).

Au bas de la plaque de droite se distingue l'échelle spiralée du "temps périodique" (Saros) qui se composait de 223 lunaisons (mois lunaires), d'une durée totale de 223 x 29,5 / 365 = 18 ans. Au centre de la spirale, on distingue le cycle d'évolution (exeligmos) correspondant à une période égale à trois cycles périodiques de Saros soit 3 x 18 = 54 ans. Il était aussi utilisé pour calculer la date précise des éclipses futures ou passées.