Introduction

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Introduction


La civilisation de la Grèce antique compte parmi celles qui ont été les plus imprégnées par la musique, elle-même intimement liée à la poésie et à la danse.

La musique grecque ancienne utilisait une grande variété de modes différents (mixolydien, lydien, phrygien, dorien, éolien, ionien, etc.) au lieu de deux seulement (majeur et mineur) pour la musique occidentale contemporaine. Les modes anciens sont toutefois réapparus de nos jours dans le jazz, en ayant conservé leur nom du grec ancien.

En outre, cette musique était enrichie par sa chromatique et son mode d’ “enharmonisation” avec toutes leurs tonalités (couleurs) qui complétaient la gamme diatonique, la seule utilisée aujourd’hui.

Enfin, elle nous a légué la théorie des intervalles musicaux qui ont été cependant quelque peu malmenés dans la musique européenne moderne, au profit de la polyphonie et au détriment des intervalles naturels qui avaient été étudiés de manière approfondie par les théoriciens de la musique antique (de Pythagore et Aristoxène jusqu’à Ptolémée).

La grande abondance des documents iconographiques et bibliographiques, ainsi que les quelques documents musicaux fragmentaires conservés dans la notation musicale antique ("parasémantique") nous ont permis de reconstruire de nombreux instruments de musique et de ressusciter quelques lignes de la musique grecque antique.

La chanson de Seikilos

Parmi la cinquantaine de textes musicaux antiques qui nous sont parvenus, la chanson de Seikilos constitue la composition musicale la plus ancienne et la plus complète.

Il s'agit d'une inscription et d’une chanson remarquables à message diachronique que Seikilos, un poète lyrique et un musicien de l’époque hellénistique, a dédié à Euterpe (probablement son épouse). Ce document était gravé sur une petite stèle funéraire ronde, en marbre, datant du 2e siècle av. J.-C.

L'inscription
"Je suis plus une icône, pas une pierre,
Seikilos m'a placée ici
comme un souvenir immortel,
un monument éternel".

La chanson
"Tant que tu vis, brille!
Ne t’afflige de rien
La vie est brève,
Le temps exige sa fin".

La stèle fut découverte en 1883, à Tralles (près d'Ephèse) en Asie Mineure. Elle fut perdue en 1922 lors de la fin de l’Asie Mineure grecque, et fut retrouvée par hasard, brisée à sa base, dans le jardin d'une femme qui l'utilisait comme socle pour un pot de fleurs. Elle est aujourd'hui exposée au Musée national du Danemark, constituant un monument éternel ainsi que Seikilos l’avait voulu.