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Ιntroduction


Dans les îles qui couvrent la mer Egée, la vocation commerciale des habitants a entraîné une compétence en construction navale qui a fait des Grecs les maîtres absolus de la mer. La découverte d'obsidienne, une richesse minière de l'île de Milos, dans la grotte préhistorique de Frachthi en Argolide, atteste du plus ancien voyage commercial connu dans l'histoire de l’humanité, 9000 ans av. J.-C. Les navires extraordinaires de la Crète minoenne qui dominait les mers, munis de rames et de voiles, ont navigué dans toute la Méditerranée et au-delà jusqu'en 1500 av. J.-C. Dans les temps qui suivirent, c’est par les navires commerciaux, plus ventrus et munis de voiles carrées, que se propagèrent les marchandises et la culture grecque aux quatre coins du monde.

Dans le même temps, compte tenu des conflits armés qui surgissaient dans les carrefours de la mer Egée, les Grecs constatèrent que la vitesse sur mer était un avantage tactique majeur. Le navire le plus rapide pouvait approcher l’ennemi par le travers, l’éperonner et le détruire. Le développement d’une marine de guerre se traduisit par une course à la vitesse. Les navires ventrus à vocation commerciale s’affinèrent, réduisant leur tirant d’eau et s’allongeant pour devenir plus hydrodynamiques, et aussi pour permettre le déploiement de rameurs plus nombreux (le nombre de soldats étant réduit). Les voiles ne venaient désormais qu’en complément. La triacontère, le pentécontère, la birème et, le plus rapide de tous, la trière (ou trirème) constituaient le sommet de la technologie navale, chacun à son époque. Les énormes bateaux de commerce et de plaisance des successeurs d'Alexandre le Grand (comme la Syracusaine, d’environ 4 000 tonnes) ont conduit l'art naval à des limites qui ne furent dépassées que 1 500 ans plus tard.