L'arbalète à répétition (polybole) de Dionysios d'Alexandrie (La première application d'une chaîne de transmission)

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L'arbalète à répétition (polybole) de Dionysios d'Alexandrie
(La première application d'une chaîne de transmission)


Cette catapulte (le mot désigne à l’origine des armes lançant des flèches, fonctionnant selon le principe de l’arbalète) était capable de propulser des flèches lourdes, sur une trajectoire rectiligne, à la manière d'une arme automatique. Réalisée pour les Rhodiens, elle marque le plus haut degré de l'évolution mécanique des catapultes de l'Antiquité grecque.

Le mécanisme de chargement des flèches faisait appel à un cylindre rotatif portant deux encoches, l'une longitudinale, l'autre hélicoïdale. Au-dessus de celui-ci, un caisson en bois contenait, superposées, la réserve de flèches superposées. Le mécanisme de lancement était formé d'une poutre qui portait une paire de pignons pentagonaux (noix de chaîne) à chaque extrémité. Ces pignons, solidaires, étaient placés l’un à gauche et l’autre à droite de la poutre. Ils entraînaient ainsi, de chaque côté, une chaîne articulée dont les maillons étaient en bois. Sur chaque chaîne, un tenon permettait d'entraîner en avant ou en arrière le boîtier mobile qui constituait l’organe coulissant (la diostra, ou arbier) de la catapulte. La diostra était munie d'un pion vertical qui venait se loger dans la rainure hélicoïdale du cylindre supérieur.

Lorsque le tireur tournait la manivelle dans le sens des aiguilles d'une montre, la chaîne entraînait la diostra vers l'avant. Le mécanisme hélicoïdal faisait tourner le tambour vers la gauche, jusqu'à ce que la rainure longitudinale se trouve en regard de la première flèche située dans la réserve. Celle-ci tombait alors dans cette rainure. Dans le même temps, un ergot présent sur le dessus de la diostra saisissait la corde de l’arbalète et une tige enclenchait automatiquement un mécanisme de gâchette.

Le tireur tournait alors la manivelle en sens inverse. Les pignons entraînaient la diostra vers l'arrière, le cylindre effectuait une rotation d'un demi-tour et la flèche tombait automatiquement dans la rainure de lancement de la diostra. En même temps une tige armait la gâchette automatique. Arrivée en bout de course arrière, la gâchette libérait automatiquement la corde et la flèche était lancée.

En actionnant alternativement la manivelle dans un sens puis dans l'autre, le tireur pouvait ainsi, en un temps minimal, envoyer successivement toutes les flèches.

Source: Philon de Byzance «Belopoietica» (les machines de jet).