L’hélépole d’Epimaque

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L’hélépole d’Epimaque


Cette tour de siège gigantesque - elle atteignait 40 mètres de haut - fut construite par l’Athénien Epimaque et utilisée par Démétrios Ier, qui gagna ainsi son surnom de Poliorcète (preneur de villes) lors du siège de Rhodes (304 av. J.-C.). Elle comportait neuf étages munis de fenêtres et d’énormes catapultes sur les niveaux inférieurs, de plus légères aux niveaux supérieurs. Elle comportait aussi deux escaliers (l’un pour la montée, l’autre pour la descente) et une passerelle mobile par laquelle les soldats accédaient au mur ennemi.

Elle reposait sur huit roues massives, dont l’essieu était orientable à l’aide de leviers. L’engin pouvait ainsi être déplacé dans toutes les directions. Le châssis était fait de poutres entrecroisées à 90° formant un caillebotis. Dans les 600 ouvertures qui étaient ainsi ménagées, autant d’hommes pouvaient se glisser quand il fallait déplacer la tour vers la muraille ennemie. La façade et les parois latérales étaient recouvertes de plaques de fer et de sacs de cuir bourrés de paille imbibée de vinaigre ou d'algues fraîches afin de protéger l’engin des flèches incendiaires et d’amortir le choc des projectiles lancés par l'ennemi.

Pour se déplacer, cette tour était également équipée:

- d’un énorme treuil à cabestan agissant sur un cordage relié à un point d’ancrage au sol, placé sous l’engin dans la direction où il devait se diriger (comme dans l’hélépole de Posidonius),

- d’un ensemble de cordages fixés à l'arrière du châssis, qui passaient sous des poulies ancrées au sol à l’avant de la machine, et revenaient vers les lignes arrières de l’assaillant, afin de pouvoir être tractées par des soldats ou des animaux situés hors d’atteinte des assiégés.

L’ hélépole bénéficiait des perfectionnements apportés aux tours de siège macédoniennes par Polyeidos de Thessalie (pour Philippe II) et de Diadès et Charias (pour Alexandre). Son sommet dominant la muraille, les assaillants pouvaient aussi frapper des cibles à l’intérieur de la ville.

Sources: Vitruve, «Sur l’architecture - X» ; Plutarque «Vies parallèles - Démétrios» ; Diodore de Sicile, «Histoire» ; Athinée, «Sur les machines».