Les trépieds automatiques d'Héphaïstos

Machine précédente                                                                                                               Machine suivante

LA COLLECTION    >    Les automates mythiques de la Grèce antique    >   

Les trépieds automatiques d'Héphaïstos


Il s’agissait de trépieds automobiles qui, selon la mythologie d’Homère, avaient été construits par Héphaïstos « munis de roues d’or qui pouvaient fonctionner seuls pour entrer parmi l'assemblée des dieux et retourner ensuite à leur place».

Le développement d’une technologie similaire par les ingénieurs d'Alexandrie (Philon, Héron) pour réaliser des systèmes automoteurs nous suggère comment reconstituer cette invention.

Le mécanisme moteur du trépied se composait d’un garde-temps central composé d’un poids de plomb descendant dans un cylindre empli de grains de mil. Une baguette coulissante permettait de libérer le poids, qui se mettait à descendre à un rythme régulier. Ce faisant, il entraînait en traction deux câbles enroulés autour des essieux des deux roues motrices.

Des goupilles en bois placées sur les essieux permettaient d’enrouler le câble dans un sens, puis dans l’autre, et même de créer des boucles non enroulées. La programmation des déplacements du trépied jouait sur ces trois types d’enroulement autour des deux essieux qui étaient indépendants.

Lorsque les deux roues tournaient dans le même sens, le trépied se déplaçait vers l’avant ou l’arrière selon le sens de l’enroulement. Lorsqu’elles tournaient en sens inverse, le trépied pouvait pivoter sur place.

Lorsque le câble dévidait une boucle libre, la roue s’arrêtait, et l’on pouvait ainsi maintenir le trépied immobile pour «le service des dieux».

La combinaison judicieuse des enroulements assurait ainsi tous les déplacements du trépied automatique, ses translations, ses rotations, ses arrêts et enfin le retour à sa position de départ.

Sources: Héron d’Alexandrie, «Automatopoetike» ; Homère, «Iliade»