Le chauffe-eau autorégulé de Héron

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Le chauffe-eau autorégulé de Héron


Il s’agit d’un appareil sophistiqué pour produire de l'eau chaude, muni d’un remarquable dispositif de gestion de l’énergie consommée. Il se composait d'une cuve cylindrique à double paroi au cœur de laquelle brûlait du charbon qui réchauffait le récipient contenu entre les deux parois. Deux cloisons verticales divisaient ce récipient en deux compartiments de volume inégal, le plus grand constituant le réservoir d'eau chaude, et l’autre, beaucoup plus petit, contenant de l’eau à température bien supérieure ainsi que de la vapeur (surchauffeur). Ce petit compartiment surchauffeur se prolongeait par un tube horizontal qui traversait le foyer, un peu au-dessus du fond de la cuve pour recueillir davantage de chaleur. Plus haut dans la cuve, deux autres tubes inclinés traversaient le foyer. Ils reliaient le réservoir d’eau chaude au surchauffeur, pour amener l’eau et produire de la vapeur.

Un robinet placé sur la paroi extérieure, en haut de l’appareil, permettait de prélever l’eau chaude, ce qui provoquait simultanément l’admission d’eau froide dans le même réservoir. Celle-ci provenait d’un tube ouvert en entonnoir sur le haut de la cuve et qui aboutissait au fond du réservoir afin d’éviter que l’eau froide entrante ne se mélange à l’eau chaude sortante. La vapeur produite dans l’espace surchauffeur soufflait en permanence sur le foyer, grâce à un tube recourbé, pour entretenir le feu. La nouvelle arrivée d’eau froide provoquait une élévation du niveau d’eau dans le surchauffeur. L’augmentation de la pression qui en résultait faisait souffler davantage de vapeur sur le foyer qui, attisé, produisait un surcroît de chaleur qui se communiquait au réservoir. Dans une variante améliorée de cet appareil, Héron avait ajouté un triton qui sonnait de la trompette et un merle qui chantait grâce à la pression de la vapeur sortante.

Source : Héron d'Alexandrie « Pneumatique »